Hugo Chávez repart à l'assaut de la réélection
Paru le Mercredi 03 Décembre 2008VENEZUELA - Un an après l'échec de sa réforme constitutionnelle, M. Chávez relance le débat sur la limitation du mandat présidentiel.
La tentation était trop forte. En confirmant sa popularité mais aussi les progrès de l'opposition de droite, les élections locales ont convaincu le président du Venezuela qu'il ne pouvait y avoir de «chavisme» sans Chávez. Dimanche, le leader bolivarien a donc «donné son autorisation» au Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) «pour lancer le débat et les actions» visant à lever toute limite constitutionnelle à la réélection présidentielle. Pour ce faire, un référendum devra être demandé par 30% des députés ou 15% du corps électoral.
Le président vénézuélien a insisté pour que la réforme se fasse dans les délais les plus brefs. «Je ne veux pas passer 2009 sur un débat, si Chávez est un tyran ou s'il est démocrate. Réalisons dès maintenant cet amendement et gagnons-le de façon incontestable, par K.-O.», a-t-il harangué lors de la cérémonie d'intronisation du gouverneur d'Aragua, Rafael Isea. Selon son pronostic optimiste, le vote «pourrait très bien» intervenir en février 2009. L'an dernier, une première proposition de réforme constitutionnelle avait échoué de justesse (49%-51%) en votation populaire. Hugo Chávez, qui affirmait ne plus penser à cet amendement, a justifié son revirement par les succès de la «vieille oligarchie» à Caracas et dans les Etats côtiers lors des élections locales du 23 novembre. «Maintenant, on voit plus clairement la grande menace qui s'avance devant le peuple vénézuélien avec ces fascistes», a-t-il commenté.
De son côté, le vice-président du PSUV, Alberto Müller, a justifié l'initiative par le «rôle symbolique» du président Chávez «dans l'unité et la stabilité du système». Le dirigeant bolivarien de 54 ans s'est dit «prêt» à gouverner «jusqu'en 2021», date symbolique qui marquera le bicentenaire de la dernière grande bataille d'indépendance au Venezuela. Au pouvoir depuis janvier 1999, Hugo Chávez est crédité de 60% d'opinions favorables dans les sondages. Son parti, lui, a obtenu plus de 50% des suffrages exprimés lors des scrutins régionaux et municipaux du 23 novembre 2008.
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