samedi, septembre 13, 2008

La crise américano-bolivienne

Les Etats-Unis expulsent l'ambassadeur du Venezuela

Le département d'Etat américain a annoncé vendredi qu'il avait signifié à l'ambassadeur du Venezuela aux Etats-Unis qu'il serait «expulsé» en représailles à l'expulsion de son homologue américain à Caracas.
NOUVELLES INTERNATIONALES vendredi 12 septembre 2008

Le président Chavez expulse l'ambassadeur américain à Caracas

Hugo Chavez a annoncé jeudi dans une manifestation publique avoir ordonné l'expulsion sous 72 heures de l'ambassadeur américain à Caracas. Le président vénézuélien a agi par solidarité avec la Bolivie qui a également expulsé mercredi le représentant américain à La Paz.

Le Brésil veut changer les règles de répartition des profits pétroliers

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ENERGIE Samedi13 septembre 2008

Le Brésil veut changer les règles de répartition des profits pétroliers

PAR CHANTAL REYES, SÃO PAULO
Le pays commence à explorer ses réserves récemment découvertes. Le président Lula demande à une commission d'étudier un nouveau mode d'exploitation.

Le Brésil, nouvelle frontière pétrolière? Depuis l'an dernier, la compagnie brésilienne Petrobras, détenue à 40% par l'Etat, a annoncé la découverte de plusieurs gisements très prometteurs au large de l'Atlantique.

Certaines estimations font état de réserves de 70 milliards de barils, ce qui ferait du pays un grand exportateur de pétrole.

Petrobras, pour sa part, n'a avancé d'estimations que pour deux champs: l'un, baptisé Tupi, renfermerait 5 à 8 milliards de barils de pétrole léger (de meilleure qualité) récupérables. L'autre, appelé Iara, 3 à 4 milliards de barils, a annoncé mercredi la compagnie. A eux seuls, Tupi et Iara pourraient quasiment doubler les réserves prouvées du Brésil (13,9 milliards de barils).

La semaine dernière, le président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva a inauguré, sur fond de nationalisme, le projet pilote d'extraction de ces nouveaux gisements sur le champ de Jubarte, dans l'Etat d'Espirito Santo.

La tâche est délicate car ils se situent à environ sept mille mètres de profondeur, sous une épaisse couche de sel.

Régime de partage

Les réserves n'étant toujours pas connues, le coût d'exploitation reste un mystère. La banque UBS Pactual parle de 635 à 1300 milliards de dollars, selon le volume de pétrole extrait, entre autres variantes. Petrobras de son côté devrait annoncer bientôt les investissements prévus.

La compagnie assure que tous les tests réalisés sur les nouveaux gisements sont positifs et que le risque de ne pas y trouver de pétrole est donc quasiment nul.

Du coup, Lula veut changer les règles de division des profits à en retirer, qui doivent selon lui servir à investir dans l'éducation, et non pas «rester entre les mains d'une demi-douzaine d'entreprises».

Le président a chargé une commission ministérielle d'étudier un nouveau modèle d'exploitation. Actuellement, l'Etat octroie des concessions payantes à des entreprises privées, notamment étrangères. La production appartient à ces dernières, qui reversent des royalties d'un maximum de 10% et paient un impôt supplémentaire allant jusqu'à 40%, si le montant produit est élevé. Deux possibilités sont à l'étude: relever cet impôt ou bien instaurer un régime de partage de la production entre le secteur privé et l'Etat.

Selon Lula, cette alternative permettrait à l'Etat de conserver une part accrue de la manne pétrolière. Elle exigerait la création d'une nouvelle entreprise, intégralement publique celle-ci, qui serait propriétaire des réserves et les exploiterait en partenariat avec des compagnies privées. Ces dernières préfèrent en revanche le maintien du modèle actuel de concessions, quitte à payer plus d'impôts. A leurs yeux, un modèle qui ne serait pas assez attirant pour le secteur privé ferait fuir les investissements alors que l'Etat n'aura pas de quoi assumer tout seul le coût d'exploitation des nouveaux gisements.

Certains économistes, eux, mettent en garde contre les risques pour l'industrie nationale. L'afflux de devises découlant d'exportations accrues de pétrole risquerait de valoriser encore plus le real, la monnaie du Brésil, minant ainsi la compétitivité de certains secteurs exportateurs.



jeudi, septembre 11, 2008

Crise diplomatique entre Washington et La Paz

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BOLIVIE Jeudi11 septembre 2008

Crise diplomatique entre Washington et La Paz

PAR ATS
Le président bolivien Evo Morales a décrété mercredi persona non grata l'ambassadeur des Etats-Unis à La Paz. Il l'a accusé d'alimenter la division en Bolivie. Le soutien américain au mouvement de protestation a déclenché une crise diplomatique entre l'Etat andin et Washington.

Evo Morales, allié du président vénézuélien Hugo Chavez, a réclamé mercredi le départ de l'ambassadeur des Etats-Unis, Philip Goldberg, accusé de fomenter la "division de la Bolivie".

"Celui qui cherche la division de la Bolivie, c'est l'ambassadeur des Etats-Unis", a lancé le président. "Sans avoir peur de l'empire (les Etats-Unis), je déclare M. Goldberg persona non grata", a-t-il ajouté. A Washington, un porte-parole du département d'Etat, Gordon Duguid, a qualifié ces accusations d'"infondées".

Manifestations violentes

Evo Morales, premier président indigène de l'histoire de la Bolivie, tenant de l'anti-libéralisme, est confronté depuis des mois à la fronde de cinq des neuf gouverneurs provinciaux. Ces derniers refusent un projet de constitution qui doit être soumis à un réferendum en décembre et réclament la reconnaissance des autonomies régionales.

Depuis mardi, des manifestations émaillées de violences, notamment de la part de groupes étudiants, ont éclaté dans les provinces de Santa Cruz, dans l'est du pays, et à Tarija (sud), en soutien aux gouverneurs autonomistes de ces régions.

Le gouvernement de gauche, qui doit faire face à de violentes manifestations de l'opposition, a dénoncé une "menace de guerre civile" de la part de "groupes fascistes".

Soutien vénézuélien

Rapidement, Hugo Chavez a apporté son soutien au dirigeant bolivien. "Le président Morales se trouve à la tête de son peuple, défendant la souveraineté de la Bolivie et nous serons avec lui", a-t-il assuré.

L'ambassadeur américain était depuis plusieurs mois dans la ligne de mire des autorités. Il n'a pas spécialement "le profil bas et incarne une diplomatie dure", a déclaré à l'AFP Hervé Do Alto, chercheur basé à La Paz, estimant que la décision de le déclarer persona non grata faisait partie d'"un processus qui n'a rien de surprenant".

A plusieurs reprises, le gouvernement s'en était pris à l'ambassadeur à propos du rôle que les Etats-Unis entendent jouer dans la lutte contre la culture de la coca, qui sert à la fabrication de la cocaïne.

Le gouvernement a été particulièrement irrité par une récente rencontre entre l'ambassadeur des Etats-Unis et le gouverneur de Santa Cruz, Ruben Costas, le plus farouche opposant libéral au président Morales. "On lui reproche aussi des réunions privées à Santa Cruz", ajoute un diplomate à La Paz.

Poursuite des protestations

L'opposition bolivienne a poursuivi mercredi son mouvement de protestation contre la politique d'Evo Morales. Une explosion, qualifiée d'"acte terroriste" par les autorités, a endommagé mercredi un gazoduc du sud de la Bolivie alimentant le Brésil.

Des groupes de jeunes manifestants ont par ailleurs provoqué l'arrêt de la livraison de gaz naturel à l'Argentine et partiellement au Brésil, en occupant une station de pompage d'un gazoduc du sud de la Bolivie.

Le porte-parole du gouvernement, Yvan Canelas, a accusé les gouverneurs régionaux opposés au président Morales de "chercher la guerre civile", mais il a écarté une éventuelle déclaration de l'état de siège.