jeudi, août 07, 2008

La classe moyenne du Brésil grandit

La classe moyenne du Brésil grandit

Repère.

Lorsque Luiz Inacio Lula da Silva est élu président du Brésil en 2003, il met en place le plan «Faim zéro» et promet d'assurer deux repas quotidiens à ses concitoyens. Autant dire qu'avec 7,5% de la population, 187 millions d'habitants, vivant avec moins d'un dollar par jour, le Brésil est l'un des pays où les inégalités sont les plus criantes au monde.

D'un côté, les déshérités des favelas, les enfants des rues et les paysans sans terre; de l'autre les grands propriétaires terriens, les industriels et les promoteurs immobiliers.

Depuis, le pays a changé. Selon une étude publiée mercredi à Brasilia, 52% de la population appartient dorénavant à la classe moyenne, 10% de plus par rapport à 2003. Pour la première fois, le nombre de Brésiliens appartenant à cette classe devance celui des pauvres. Les familles, avec un revenu mensuel entre 685 et 2960 dollars, s'offrent l'accès à l'éducation et à la santé et donc la possibilité d'améliorer leur sort.

Les riches sont aussi plus nombreux, 11,6% en 2003, à 15,5% aujourd'hui.

Le changement est le fruit des années de croissance et de la hausse de l'emploi. Seize fois plus grand que la France et doté de fabuleuses richesses, le Brésil ira plus loin. Des études le prévoient comme la 5e puissance mondiale en 2050, contre 14e en 2004.

Soit. Près de 30% de la population ne participe toujours pas aux fruits de la nouvelle prospérité, tient à rappeler l'étude.

mardi, août 05, 2008

Doha: le Brésil offre le bâton et la carotte

Doha: le Brésil offre le bâton et la carotte

Repère.

Les poussières de l'échec, la semaine passée, de la conférence de Genève qui visait à relancer le Cycle de Doha ne sont pas encore retombées. Mais plus vite qu'on ne pouvait le prévoir, les grands acteurs du commerce international pourraient revenir à la table de négociations, dès cet automne.

Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva s'est investi de la mission de convaincre ses pairs. En Chine pour assister à la cérémonie d'ouverture des JO, il compte profiter de l'occasion pour renouer le dialogue avec ses homologues, notamment l'Américain George Bush, le Chinois Hu Jintao et l'Indien Manmohan Singh.

Exportateur agricole et l'un des gagnants potentiels de la libéralisation des marchés, le Brésil a un intérêt évident à faire aboutir le Cycle de Doha. Pour cela, il dispose de deux moyens pour engager Washington à lâcher du lest. Le bâton: des sanctions dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce contre les Etats-Unis, «le pays qui accorde le plus de subventions agricoles au monde». Autorisée par l'OMC, cette action avait été mise en veilleuse dans l'espoir d'un succès à Genève. Le Brésil n'exclut pas de nouvelles plaintes.

La carotte: une position américaine plus souple ouvrirait la voie à un accord sur le Cycle de Doha, dont les Etats-Unis seraient aussi parmi les plus grands gagnants.

vendredi, juillet 11, 2008

Chavez nationalise une banque

Hugo Chavez nationalise une banque espagnole

Ram Etwareea

Le Venezuela franchit un pas de plus dans l'étatisation de son économie et s'attaque à un secteur particulièrement sensible.

Le spectre des nationalisations a gagné le secteur bancaire au Venezuela. Il fait suite à l'annonce le week-end dernier par le président Hugo Chavez que la Banco de Venezuela allait passer sous le giron de l'Etat. Appartenant au groupe espagnol Santander, elle est la troisième banque du pays, avec une forte implantation régionale. Elle pèse 7,9 milliards de dollars et a réalisé un bénéfice de 179 millions d'euros en 2007.

L'Etat contrôle déjà plusieurs petites banques. Les spéculations vont désormais bon train sur le sort d'autres banques privées. Suite à une bagarre diplomatique l'an dernier avec l'Espagne, le président Chavez avait menacé de nationaliser les banques espagnoles.

Riche de ses pétrodollars, le Venezuela de Hugo Chavez a fait des nationalisations une pièce maîtresse de sa politique économique et sociale. Plusieurs autres secteurs sont passés sous l'emprise de l'Etat depuis l'année dernière (encadré ci-contre). Cette stratégie est soutenue par une bonne partie de la population, même si des doutes sur la capacité de gestion des entreprises étatiques subsistent. Dans le secteur énergétique, où l'Etat joue un rôle prépondérant, la productivité baisse au fil des années.

Alors que les précédentes nationalisations avaient choqué les investisseurs, la prise en main de la Banco de Venezuela semble faire moins de bruit. Selon Hugo Chavez, le groupe Santander travaillait déjà sur un projet de retrait et avait ouvert les négociations avec un acheteur potentiel local. «J'ai dit non. C'est moi qui vous achète. Que vaut votre banque? Nous allons mettre le prix», a ainsi raconté le président vénézuélien lors de son émission radiophonique hebdomadaire de dimanche.

Eviter la perte de confiance

Le régime vénézuélien est conscient des risques en s'attaquant au secteur bancaire. Ainsi, pour éviter une perte de confiance et un retrait massif des fonds de la Banco de Venezuela, un ministre a été chargé de rassurer les clients. Selon ce dernier, cette banque jouera un rôle important dans le paiement des pensions et des subventions sociales à la population.